Chaque fois que je suis entré dans un bureau de psy (et ça m'est arrivé souvent, la première fois à huit ans), mon corps a réagi comme à une entrevue d'embauche pas préparée. Mains moites. Une phrase d'ouverture pratiquée dans l'auto. Puis je m'assoyais et je faisais ce que je fais partout : le show. Drôle, un peu trop éloquent, sympathique. Cinquante ans à masquer avant qu'on me dise que j'avais un TSA, alors évidemment, je masquais aussi devant la seule personne que je payais pour voir le vrai moi.
Voici la réponse simple, avant les histoires. Une première séance, c'est surtout une évaluation de départ. On vous demande pourquoi vous consultez, et pourquoi maintenant. On vous pose des questions sur votre passé, votre santé, votre sommeil, ce que vous buvez ou consommez, votre famille, et si vous êtes en sécurité. On vous explique la confidentialité et où elle s'arrête, les tarifs, la fréquence des rencontres. Rien ne se règle dans cette heure-là. Ce sont deux personnes qui regardent si elles peuvent travailler ensemble.
C'est tout. C'est moins dramatique que la version dans votre tête.
Confidentialité, formulaires et le côté plate
Il y a habituellement un formulaire de consentement. Lisez-le. Il explique ce qui est noté au dossier, qui peut le voir, et les limites de la confidentialité. Ces limites comptent : si la personne croit que vous ou quelqu'un d'autre êtes en danger grave, elle pourrait devoir agir. La plupart l'expliquent de vive voix. Demandez-le si ce n'est pas fait.
Ensuite, l'argent. Au Québec, les services publics en santé mentale (CLSC, médecin de famille, 811 option 2) sont gratuits, mais l'attente peut être longue. Au privé, les psychologues fixent leurs propres tarifs. L'Ordre des psychologues du Québec le dit noir sur blanc : il n'y a pas de barème, c'est un libre marché. Demandez le prix, la politique d'annulation et si on vous donne des reçus pour vos assurances avant d'être rendu à la moitié de l'heure. J'ai fait un billet complet sur ce que coûte la thérapie au Québec.
Vérifiez que la personne a bien un permis. L'OPQ a une page Où trouver un psychologue pour ça.
Comment savoir si c'est le bon ou la bonne psy?
Après une heure, vous ne le saurez pas pour vrai. Vous aurez un indice.
Le National Institute of Mental Health, aux États-Unis, le dit simplement : le lien et la confiance sont essentiels, et c'est correct d'avoir une courte conversation préliminaire pour voir si on est à l'aise. J'ai ignoré ça la majeure partie de ma vie. Je pensais qu'on prenait qui on nous donnait, pis qu'on se taisait.
Ce que je regarde maintenant :
- Est-ce qu'on m'a laissé finir mes phrases, ou est-ce qu'on a sorti une technique dans les dix premières minutes?
- Quand j'ai dit « autiste », est-ce que la personne est devenue curieuse, ou est-ce que j'ai eu le regard poli et vide?
- Est-ce que je suis sorti un peu à vif mais respecté? À vif, c'est normal. Petit et niaiseux, non.
Si la réponse est mauvaise, vous pouvez partir et chercher quelqu'un d'autre. Personne n'est blessé. Longtemps, j'ai cru que changer de psy, c'était un échec de ma part. Aujourd'hui, je vois ça comme rapporter des souliers qui ne font pas.
Ce que je dirais à un adulte autiste avant son premier rendez-vous
Cette partie-là est pour le monde comme moi, les diagnostiqués tard, la gang du « ça va bien ».
Écrivez-le. Le jour même, ma tête se vide ou se met en mode spectacle, et dans les deux cas l'essentiel reste dans ma poche. Quelques lignes sur mon téléphone (ce qui se passe, ce qui me fait peur, ce que je veux) sauvent la séance. Vous pouvez même tendre le téléphone et dire « lisez ça, c'est plus facile ».
Parlez de la pièce si c'est important pour vous. L'éclairage, le bruit, être face à face ou de côté, en personne ou en vidéo. Quelqu'un qui connaît l'autisme ne trouvera pas ça bizarre. J'ai écrit sur comment trouver un psy qui comprend l'autisme au Québec.
Et surveillez le personnage. J'ai déjà passé une première séance au complet à être charmant sans dire une seule chose vraie. Je suis sorti de là content pendant une heure, puis je me suis senti comme de la merde, parce que j'avais payé quelqu'un pour me regarder jouer. La fois d'après, j'ai dit « je vais être honnête, je suis bon pour faire semblant », et tout a changé. La psy a ri. Puis on s'est mis au travail.
Qu'est-ce qui se passe après la première séance?
En général, on prend un deuxième rendez-vous. Certains thérapeutes vous donnent un plan approximatif : quel type de thérapie ils envisagent (TCC, TCD, ACT ou autre; je les explique dans TCC, TCD, ACT en mots simples), à quelle fréquence, et pour combien de temps à peu près. D'autres disent « on continue à se parler quelques semaines et on verra ». Les deux sont normaux.
Vous pourriez vous sentir plus mal un jour ou deux. Brasser la vase, ça fait ça. Si ça empire pendant des semaines, dites-le en séance. Le NIMH donne le même conseil : si vous n'allez pas mieux après un temps raisonnable, parlez-en à votre thérapeute.