La version courte. J'ai explosé sur le monde la majeure partie de ma vie. J'ai consommé. J'ai failli ne pas m'en sortir. Et en 2022, à 50 ans, en pleine débâcle pendant les années COVID, j'ai reçu trois diagnostics : un trouble du spectre de l'autisme (TSA), un trouble de la personnalité limite (TPL) et un TDAH.
Ce n'est pas une fin heureuse. C'est un point de départ. Ce site, c'est moi qui fais le ménage là-dedans, en public.
Là où ça commence
Mon père est mort quand j'avais sept ans. À huit ans, j'étais en thérapie. À neuf ans, en thérapie familiale. À quatorze ans, on m'a assigné un travailleur social. À dix-huit ans, je suis parti, et pendant des années je me suis tenu le plus loin possible de toute forme d'aide.
Quand je suis revenu, j'ai tout essayé. Thérapie, thérapie de groupe, art-thérapie. Des programmes, quelques-uns pas mal sectaires, d'autres très connus. Ça finissait toujours pareil. Un nombre fixe de séances, parce que c'est ce que le public ou mes assurances (les années où j'en avais) payaient. Puis ça arrêtait. Les mêmes affaires, chaque fois. Retour à la case départ.
Au secondaire, je me suis fait du mal. Plus tard, j'ai commencé à me faire tatouer, parce que me faire tatouer, ça ressemblait à de la thérapie. Je suis couvert de tatouages aujourd'hui.
Appelez ça une personnalité addictive. Drogues, jeu, jeux vidéo, sexe, alcool, cigarette, me faire du mal. Si c'était mauvais, c'était bon. Une bonne partie, c'était de la punition.
D'où vient le mot
Il y a presque vingt ans, j'étais PDG de Raincity Studios, une agence Web que j'ai cofondée à Vancouver. Du bon monde, de gros clients, beaucoup de pression. Quand quelque chose allait mal, je ne gérais pas. J'explosais. Sur ceux qui étaient près du problème, d'habitude. Des fois sur ceux qui étaient près de moi.
Mon ami Kris Krüg a trouvé le nom : une robplosion. C'était drôle. C'était aussi tout à fait juste, et c'est ça qui piquait.
Pendant des années, j'ai traité ça comme un trait de caractère. Rob est intense. Rob est passionné. En vérité, c'était de l'anxiété et de la surcharge qui ne trouvaient pas d'autre sortie, et je n'avais pas encore de mot pour ça.
Les bouts que je ne dis pas souvent
En 1998, j'ai tenté de mettre fin à mes jours. Je suis encore là et j'en suis content, mais je ne ferai pas semblant que c'est loin dans le sens qui compte.
Je me suis réveillé à l'urgence de l'hôpital Lions Gate, à North Vancouver. J'ai parlé avec le psychologue de l'urgence, et j'ai choisi de me faire admettre. J'y ai passé environ un mois : thérapie de groupe, counselling, thérapie, médicaments.
La cocaïne et l'héroïne ont fait partie de ma vie. Je n'y ai pas touché depuis seize ans. La dépression est venue, repartie, revenue. La petite voix qui me traite d'imposteur aussi.
Le pattern
Je pars des projets avec une énergie folle, puis je m'écrase. Quand quelque chose que j'ai bâti finit par marcher, je trouve une façon de reculer, ou de tout gâcher. J'ai peur d'être laissé, alors je pars souvent le premier. Je peux entrer dans une salle et l'animer. Mes amis sont éparpillés partout sur la carte, et aucun n'est au bout du rang. Sortir, tout court, peut être trop. Je me construis une bulle et j'y reste.
Pendant cinquante ans, j'ai pensé que tout ça, c'était juste moi qui étais difficile. Les tics, les habitudes, les obsessions, les passions qui brûlent fort puis disparaissent. Dans la quarantaine, j'ai évité l'aide pendant plus de dix ans. Puis 2022, et l'effondrement complet. J'ai été chanceux. La personne en travail social qu'on m'a assignée s'en souciait pour vrai. Elle m'a aidé à avoir du vrai soutien, à être diagnostiqué, et à mettre en place des outils pour gérer tout ça de façon plus structurée. D'un coup, bien des affaires avaient une forme.
Pourquoi l'écrire ici
Parce que quand j'ai cherché, j'ai trouvé deux sortes de contenu. Des pages cliniques qui répondent à la question mais qui ne sonnent jamais comme une personne. Et des témoignages sans sources, parfois dangereux. Je veux les deux au même endroit : la réponse claire, mon vécu honnête, et des liens vers les gens qui étudient vraiment ça.
Aussi, l'écrire, ça m'aide. C'est la raison égoïste.
Ce que je ne suis pas
Je ne suis ni médecin, ni psychologue, ni intervenant. Rien ici n'est un diagnostic ou un plan de traitement. Si quelque chose vous fait penser « c'est moi, ça », apportez-le à un professionnel. Si ça va mal en ce moment, laissez tout tomber et allez à Besoin d'aide maintenant.
Sandra
Sandra et moi, ça fait une quinzaine d'années. Elle m'a connu après que j'ai arrêté de consommer, et elle reçoit les explosions, les débarques et la bulle depuis ce temps-là. Certains articles parlent de ce que c'est, de son bord à elle. Elle n'est pas là pour me réparer, et j'essaie fort de l'écrire comme ça. Elle est aussi derrière ce site, à fond.
Comment j'écris
Chaque article répond à une vraie question que les gens se posent. Je dis ce que j'ai vécu, je mets le lien vers ce que dit la recherche, et je vous le dis quand les deux ne concordent pas. La page des normes explique comment je traite le suicide, les drogues, les sources et les liens affiliés de la bibliothèque.