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Estime et sabotage

Bipolaire ou neurodivergent? Pourquoi je ne pense pas que mes cycles étaient de la manie

La réponse courte

Comment savoir si mes sautes d'humeur sont de la bipolarité?

La manie bipolaire, c'est une humeur extrêmement élevée ou irritable qui dure au moins une semaine, souvent avec un besoin de sommeil très réduit, et qui arrive sans lien avec ce qu'on fait. Les cycles d'énergie autistiques ou TDAH suivent plutôt un intérêt ou une exigence, puis finissent en épuisement. Les deux peuvent coexister : seule une évaluation clinique tranche.

Tôt ou tard, quiconque vit avec un cycle boom-crash finit par se poser la question. Est-ce que je suis bipolaire? Je me la suis posée aussi. Je pars les projets avec une énergie énorme, je roule pendant des semaines, puis je m'effondre solide. Vu de l'extérieur, ça ressemble pas mal au manuel.

Voici où j'en suis arrivé pour moi, puis la partie qui compte plus pour vous. Personne ne m'a jamais diagnostiqué un trouble bipolaire. Mes diagnostics, c'est le trouble du spectre de l'autisme (TSA), le TPL et le TDAH. Quand je compare mes cycles à la définition réelle de la manie, ça ne colle pas très bien. C'est ma lecture, pas un diagnostic, et vous ne devriez pas vous servir de ma lecture pour faire la vôtre.

Alors, comment faire la différence? La manie bipolaire, c'est une humeur extrêmement élevée ou irritable qui dure au moins une semaine, souvent avec un besoin de sommeil beaucoup plus petit, et qui arrive selon son propre horaire. Les cycles d'énergie neurodivergents suivent plutôt un intérêt ou une exigence, et ils finissent en épuisement. Les deux peuvent aussi exister chez la même personne. Un clinicien doit voir le portrait au complet.

Ce que sont vraiment la manie et l'hypomanie

La brochure du NIMH sur le trouble bipolaire (en anglais) décrit les épisodes maniaques du type I comme durant au moins sept jours, la majeure partie de la journée, presque tous les jours. Un des signes typiques, c'est un besoin réduit de sommeil. Les épisodes dépressifs durent habituellement au moins deux semaines. Les variations d'humeur sont extrêmes, bien au-delà des hauts et des bas ordinaires.

CAMH décrit la manie comme le fait d'être continuellement euphorique, ou irritable et fâché, pendant au moins une semaine. L'hypomanie, c'est la version plus légère. La personne peut se sentir heureuse et pleine d'énergie, mais sa vie n'est habituellement pas sérieusement perturbée. C'est justement pour ça que l'hypomanie peut passer inaperçue.

CAMH dit aussi que le trouble bipolaire est difficile à diagnostiquer. Les gens consultent quand ils sont déprimés, pas quand ils volent, alors le médecin ne voit que la moitié du cycle. Et il n'existe aucun test de laboratoire, même si des tests peuvent écarter des problèmes qui y ressemblent, comme ceux de la thyroïde.

Pourquoi je ne pense pas que c'était de la manie

J'ai tourné ça longtemps dans ma tête. Deux choses m'éloignent de l'explication bipolaire, en tout cas pour moi, et il y a un astérisque.

Mes hauts suivaient quelque chose. Un projet. Une idée. Une nouvelle obsession. L'énergie était accrochée à une affaire. Enlevez l'affaire et le haut partait avec. La manie, telle qu'on la décrit, c'est un état d'humeur qui teinte tout.

Et j'étais fatigué. Je l'ignorais, c'est tout. Dans un boom, je me couchais tard, mais je le sentais. Je poussais quand même. Ce n'est pas la même chose que ne pas avoir besoin de dormir, qui est la façon dont on décrit la manie. Ne ressentir aucune fatigue avec trois heures de sommeil pendant une semaine, c'est une tout autre bibitte que de rouler sur les vapeurs parce qu'on n'arrive pas à arrêter de penser à quelque chose.

L'effondrement ressemblait à un burnout. Quand j'ai lu les travaux du projet Autism CRC sur le burnout, un résultat m'a sauté aux yeux. Le burnout autistique était souvent pris pour une dépression, de l'anxiété, un trouble bipolaire ou un trouble de la personnalité limite. Mon plus gros effondrement a été une dégringolade pendant les années COVID, et c'est là que le diagnostic d'autisme est enfin arrivé. L'épuisement et le retrait social sortaient tout droit de cette étude-là.

Il y a un gros astérisque. Pendant bien des années, j'ai consommé. À cette époque, je n'aurais pas pu vous dire quelle était mon humeur naturelle. Les substances brouillent toute la question, et si vous consommez ou avez consommé, le clinicien doit le savoir. Le cacher rend la bonne réponse beaucoup plus difficile à trouver.

Comment les deux schémas diffèrent, en général

C'est un guide approximatif, pas un test. Bien des gens ne rentreront pas dans les cases.

D'où vient l'énergie. Les booms neurodivergents s'accrochent souvent à un intérêt, une échéance ou une nouvelle idée. Les épisodes maniaques ou hypomaniaques arrivent plutôt comme un changement d'humeur qui ne dépend pas d'une chose en particulier.

Le sommeil. Dans la manie, le besoin de sommeil diminue. Dans un boom TDAH ou autistique, on dort souvent mal parce qu'on n'arrive pas à décrocher, mais on en paie le prix.

La durée. La manie dure au moins une semaine, par définition. L'hyperfocus peut durer des heures ou des jours autour d'une tâche précise, puis tomber quand elle finit.

À quoi ressemble le bas. Un épisode dépressif bipolaire, c'est une dépression qui dure au moins deux semaines. Un crash autistique peut aussi ressembler à une dépression, et c'est justement pour ça qu'on les mélange. (J'en parle dans burnout ou dépression?.)

Et je le répète : on peut être autiste ou avoir un TDAH et avoir aussi un trouble bipolaire. Trouver l'un n'élimine pas l'autre.

Quoi faire si vous n'êtes pas sûr

Notez. Un tableau d'humeur ou un calendrier papier avec un chiffre par jour. L'humeur, le sommeil, l'énergie, ce qui se passait. Quelques mois de ça valent plus que n'importe quel billet de blogue, celui-ci compris. CREST.BD, un réseau de recherche de l'UBC, offre des outils d'autogestion du trouble bipolaire conçus avec des personnes qui le vivent (en anglais), et ils sont utiles pour noter même avant de savoir ce qu'on a.

Ensuite, apportez ça à quelqu'un qui peut évaluer. Votre médecin de famille d'abord, qui peut vous diriger en psychiatrie au besoin. Au Québec, si vous n'avez pas de médecin, Info-Social 811 ou un CLSC peuvent vous orienter. Relief, anciennement Revivre, est le principal organisme québécois pour la dépression et la bipolarité, et offre des groupes d'autogestion.

Le trouble bipolaire se traite très bien. Le NIMH est clair : le traitement aide beaucoup de gens, même dans les formes les plus sévères. Si c'est ce que vous avez, vous aurez enfin un nom pour quelque chose qui se gère. Et personne ne devrait commencer ou arrêter une médication sans son médecin.

Si vous êtes dans un creux en ce moment et que c'est devenu noir, la page Besoin d'aide maintenant donne les numéros pour votre région. Pour mon propre cycle, voyez boom, puis l'effondrement.

Les questions qu'on pose

Comment savoir si mes sautes d'humeur sont bipolaires?

Regardez combien de temps durent les hauts, si vous avez besoin de beaucoup moins de sommeil pendant ce temps-là, et s'ils arrivent tout seuls ou s'ils suivent quelque chose qui vous allume. La manie dure au moins une semaine. Seul un médecin ou un psychiatre peut la diagnostiquer, alors notez votre humeur et votre sommeil et apportez-leur ça.

Le TDAH ou l'autisme peuvent-ils être confondus avec un trouble bipolaire?

Oui, dans les deux sens. La recherche sur le burnout autistique montre qu'il est souvent pris pour une dépression, de l'anxiété, un trouble bipolaire ou un trouble de la personnalité limite. Les variations d'énergie et l'hyperfocus du TDAH peuvent aussi ressembler à de l'hypomanie vus de l'extérieur.

Peut-on être autiste et bipolaire en même temps?

Oui. L'un n'élimine pas l'autre. C'est une des raisons pour lesquelles une bonne évaluation regarde toute votre histoire, y compris le sommeil et la consommation, plutôt qu'un seul symptôme.

Quelle est la différence entre manie et hypomanie?

La manie est plus sévère. Elle dure au moins une semaine et perturbe sérieusement la vie. L'hypomanie est plus légère : la personne peut se sentir heureuse et énergique, et sa vie n'est habituellement pas sérieusement perturbée, ce qui la rend facile à manquer.

Sources

  1. NIMH, Bipolar Disorder
  2. CAMH, Bipolar disorder
  3. Autism CRC, Confirming the nature of autistic burnout
  4. CREST.BD, Bipolar Wellness Centre
  5. Relief, Bipolarité

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